Oui, vous ne rêvez pas, voici comment s’est passé le bal du 27 août, ou bien comment il aurait pu se passer, ou bien comme je l’ai rêvé.
Moi j’étais coincé par une réunion passionnante de la Communauté de Communes où l’on se demandait s’il valait mieux avoir un chenil par commune (pour les chiens errants) ou s’il était plus simple de confier ça au privé. Si le chien errant a mordu le maire, le maire opte pour le privé, c’est déjà assez d’avoir les administrés aux trousses… Si par contre le chien a mordu l’adjoint, ça peut rester du ressort de la commune.
Bon alors le 27 août, sous les étoiles, au premier quartier de la lune ?
Quand nous sommes arrivés place de la Trinité, à vélo, vers les 20h35, il n’y avait pas grand monde, c’est un peu comme l’amoureux qui arrive au rendez-vous le cœur dans un étau et voilà la belle n’y est pas… Allait-elle venir ? Allait-il venir ce cher public bien-aimé de la Trinité ?
Le jour traînait encore un peu, le bal c’est la nuit, foutue heure d’été ! Oh que la nuit vienne et du sol allaient sortir les danseurs et encore mieux les danseuses aux parfums de rêve, au sourire pas trop farouche. Et les musiciens, seraient-ils au rendez-vous ?
Mais oui, Bernard s’y était mis, et aussi Michel, ils assuraient comme ils le faisaient toujours, piliers solides, artisans infatigables du cercle circassien, grands tricoteurs de scottish et de mazurka (ah la mazurka, j’en dansais une mentalement pendant que le Président nous exposait le bilan de l’Expérimentation de la Collecte des Encombrants à Domicile le Jeudi matin, un deux, hop, quatre, cinq, six, sept, huit, hop et dix, onze, douze nous tournons et l’autre avec ses Encombrants je m’en fous, entre la Benne et la Belle, le choix est vite fait !).
Bon, Michel et Bernard ont joué tant qu’ils ont pu, ça avait un peu cafouillé côté inscriptions, fin août tout le monde n’est pas rentré.
Alors les Chanteurs Bretons ont pris le relais, avec une énergie incroyable. Ces gars-là sont infatigables.
Andro, anterdro, gavotte, laridé, toute la communauté bretonne du Languedoc et tous les sympathisants étaient en transes. Les chaînes humaines s’entremêlaient, les visages se faisaient face et à peine avais-je eu le temps de te regarder qu’un nouveau visage me souriait. (*)
Et puis, ce fut le bœuf. (**)
Erwane a sorti son accordéon, Véro son violon, Paul sa flûte. Bernard a abandonné sa bière et la petite brune à qui il vantait les mérites de la culture occitane. Michel y était aussi.
Un bon vieux cercle pour remettre tout le monde ensemble. Les mecs traversaient le cercle en poussant des cris de sauvage, les filles se laissaient faire, à part quelque « roumégaïre » mais il y en a de moins en moins. On enchaîna sur une bourrée, les gars qui savaient y faire tanguaient sur la terre, ivres de plaisir. Les filles n’étaient pas en reste. On ne savait plus d’ailleurs qui menait qui ni si quelqu’un menait. Ca volait.
Qu’est-ce que je foutais là, à me demander si j’allais voter pour l’attribution de la ligne de trésorerie pour le dernier trimestre. Et qu’allaient-ils en faire ?
La valse m’ôta toute hésitation, tu me tendis les bras et alors ça tourna, lentement, lentement, puissamment, sans effort, on faisait le tour de la place et le tour du monde dans le même mouvement.
Quelques sauts basques, et vint le fandango. Notes étranges qui font surgir les belles endormies, les meilleures danseuses qui attendent ça depuis le début. Respect, éblouissement des filles. Quand saurai-je danser un truc pareil ? (***)
Le bal était fini, les danseurs étaient fatigués et heureux, dans l’œil de certains on lisait l’extase. Les badauds restaient là, en connivence, délicieusement surpris par ce qu’ils avaient découvert au détour d’une rue de Toulouse, un beau soir d’été. Les musiciens se tapaient un coup de cidre bien mérité. Claude dans la fontaine récupérait les panneaux "Diversanse"-"Mairie de Toulouse".
La réunion aussi était close.
Le prochain coup, promis, je serai au bal et je vous le raconterai aussi fidèlement qu’aujourd’hui, parole de rêveur.
Désolé … et bonjour à tous (bises aux filles).
Après un coup pareil, si je ne suis pas définitivement grillé … N’empêche, c’était un super bal ! (****)
(MF)
(*)

Bé mol : Bernard PABON était parti en vacances mais Michel DAVY rejoindra plus tard les autres musiciens.
Par contre, le public tarde effectivement.... Plein jour ? Chaleur ?... Quoi qu'il en soit, les représentants de Breizh en Oc, menés par Vincent PARAGE (cornemuse bretonne ou "binioù-kozh") battent le rappel et lancent énergiquement la soirée avec leur répertoire breton.
Bon, ils se désespéraient un peu de voir arriver les danseur(seuse)s, d'autant qu'ils avaient "défendu" leur espace musical auprès de musiciens latino qui avaient bien du mal à croire à l'assertion : "Nous devons jouer pour un bal !"...
Quelques notes de "kaz a barh"... 2 danseuses... et... progressivement... un vrai cortège de danseurs venus de ??? s'est formé sur la place, pour le plus grand bonheur des musiciens !
Ils nous amènent jusqu'à la nuit.

La formation "Tres Tèrc" avec Cyril HUMEAU (guitare) et Olivier BERARD (Boha), venus du Gers, prend le relais.

(**) Il commença plus tôt que d'habitude, comme annoncé dans "Programmation Bal..."
Erwane BRETON (chromatique) rejoint Olivier
Le bœuf fut à géométrie très variable.

(***) Et le "sbrando" ? Une des danses d'Alessandria, en Piémont italien, interprétée par quelques musiciens conquis par le répertoire si gai et chaleureux de nos voisins.
C'est prouvé, les amateurs sortent à la nuit...

Sur ces musiques, la relève a déjà des fourmis dans les pieds...

Puis apparaissent Jean-Michel LE DUIGOU (violon) et Patrick PHELOUZAT (flûte à trois trous)

Michel DAVY (diato) rejoint Jean-Michel et Erwane

Il est relayé par Véronique BUGEAT et son violon,Tiphaine JEZEQUEL et son alto, Paul CHAPELIER (flûte irlandaise ou "Tin Whistle" et pas traversière ce soir) et François BRETON (rythmique: washboard, cuillère, ...)

II y a bien un nouveau passage en Bretagne, proposé par Jean-Michel et Erwane. Les "infatigables" chanteurs de Breizh en Oc leur répondent et mènent la danse, pardon, la transe.

Un des cercles de "belles endormies", bien réveillées pour le Fandango.

Une dernière?

C'est fini!

(****) Encore une belle soirée, comme tu l'as senti de si loin, Michel, mais pas la copie d'une autre.
Des constantes certes, des habitué(e)s, des fidèles, heureusement, mais jamais la routine! C'était écrit : "Programmation Bal du 27 août : des surprises!"
Chaleureuse soirée, en tous sens...

Pour découvrir d'autres photos de ce bal : visitez la galerie.
Merci à Jérémy DIMPRE et à Nicolas FLEURE, auxquels nous devons les plus belles, prises pourtant dans des conditions peu favorables.
Venez nombreux le 17 septembre : la nuit tombera plus tôt, la canicule sera oubliée ;
Ce sera le dernier "Bal sous les Etoiles" de la saison !
Le collectif "Diversdanse"

